Quel avenir pour la place Jacques Cœur ? C’est pour commencer à répondre à cette question que la municipalité de Montigny-le-Bretonneux a organisé une première réunion publique, le 19 avril, sur le devenir de cette place centrale du quartier de la Sourderie. Plus d’une centaine de personnes étaient présentes à la maison de quartier Louis Jouvet, pour échanger des propositions et des remarques avec la municipalité dans un souci de participation citoyenne.

Une démarche souhaitée par le maire, Lorrain Merckaert (DVD), qui a précisé que « ne sera retenu par la Ville que le scénario qui sera plébiscité par les habitants et les commerçants ». « C’est comme cela que nous voulons faire. On ne portera de projet que s’il est soutenu par les habitants, comme nous l’avons fait pour l’Hypercentre. […] Tout peut être imaginé, mais le projet doit faire consensus », a-t-il déclaré.

Face à cette place Jacques Cœur vieillissante, essentiellement minérale, tournée sur elle-même et ne répondant pas aux enjeux écologiques, climatiques et commerciaux, la municipalité a engagé une réflexion avec les habitants pour redynamiser le secteur et ses commerces, créer quelques logements et redonner toute sa place à la nature. Et dans cette configuration, la seule solution qui semble émerger pour le moment est une complète démolition et reconstruction. Solution qui a étonné certains habitants dans la salle, se demandant si c’était « incontournable » ?

Reconstruire sur le bâti existant ne semble pas être possible, comme l’expliquait l’urbaniste présent à la réunion. L’organisation même de la place est un handicap pour un projet ambitieux. « Nous avons des implantations de bâtiments sur la parcelle qui font que vous arrivez d’abord sur un parking, a regretté le maire. Est-ce que l’on ne préfère pas avoir du front bâti et avoir un parking derrière ? Est-ce qu’à la place de la maison de quartier on ne mettrait pas un espace vert en lien avec Descartes et que la maison de quartier soit placée ailleurs sur la parcelle ? L’idée est de dire : on fait table rase de ce qui existe aujourd’hui et on repense complètement la parcelle. […] Si on veut redonner de la place à la nature demain, il va falloir qu’on repense complètement les différentes implantations. C’est pour cela que cela nous paraît plus judicieux. »

L’idée d’un parking souterrain, envisagée par un riverain, « ne ferait qu’artificialiser un peu plus les sols et ne répondrait donc pas au besoin de redonner sa place à la nature », a répondu Lorrain Merckaert. Traversant le quartier, le boulevard Descartes sera refait sur le même tracé et accueillera une piste cyclable.

Les discussions, les ateliers, les réunions publiques vont se poursuivre durant quelques mois encore. Engagés dans le quartier, les commerçants ont également été audités. Tous semblent vouloir rester et trouver une plus grande visibilité. Pour éviter une rupture commerciale le temps des travaux, des locaux provisoires seront construits et les commerces retrouveront ensuite leur place définitive au sein du quartier.

« Nous aimerions peut-être voir un tabac-presse ou un fleuriste s’installer », a soumis Lorrain Merckaert. Et le maire de conclure : « Tout est possible et c’est l’objectif aussi du travail que nous commençons ce soir. Il y aura d’autres phases et d’autres temps d’ateliers. Nous pouvons aussi passer du temps sur place et imaginer des balades urbaines comme dans l’Hypercentre. Nous sommes disposés à mettre en place tout ce qui sera nécessaire pour pouvoir échanger et que personne n’ait de regret. Il faudra ensuite faire entrer tout cela dans le mixeur et sortir un projet correct. »

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