Le monde de l’ovalie, comme celui du sport en général, s’est arrêté avec la pandémie de Covid-19. Le 27 mars dernier, la Fédération française de rugby (FFR) annonçait avoir « pris la décision douloureuse d’arrêter définitivement les championnats amateurs à tous niveaux, pour la saison en cours », prenant notamment en compte « le contexte de la crise sanitaire mondiale qui a entraîné la suspension de toutes les activités sportives dès le 13 mars dernier », et « la volonté de protéger le plus largement possible l’ensemble de notre communauté rugbystique ». L’instance dirigeante du rugby tricolore ajoutait qu’aucun titre de champion de France ou de ligue régionale ne serait attribué.

Un mois plus tard, il était également décidé de ne pas faire descendre d’équipes mais d’attribuer en revanche des montées. En Fédérale 2 par exemple, soit le quatrième échelon national, le championnat accueillera la saison prochaine les équipes ayant fini en tête de leur poule en Fédérale 3.

« Ils ont fait monter 12 clubs de Fédérale 3 en Fédérale 2, et du coup, ils ont fait monter 12 clubs de Fédérale 2 (issus de plusieurs poules, Ndlr) en Fédérale 1 », indique le président de Plaisir, Thierry Lamandé, dont le club, 9e de sa poule de 12 équipes en Fédérale 2 (avec six victoires, un nul et dix défaites, Ndlr), rejouera dans cette division en 2020-2021. Par ailleurs, il estime que la décision prise pour les montées et descentes « me semblait une bonne logique », et qu’il n’a pas été « plus surpris que ça » par l’arrêt des championnats, « vu la situation épidémiologique », lui qui a d’ailleurs été touché par le Covid-19 début mars.

Reste malgré tout une part de frustration de ne pas aller au bout d’un championnat où « on était sur une bonne dynamique, on pouvait essayer de jouer la 6e place car on était sur une belle remontée », juge le président plaisirois, qui trouve « un peu dommage aussi » que l’équipe réserve, 3e de son championnat au moment de l’interruption, « ne pouvait pas, du coup, disputer les phases finales, ce qui était le but de la saison ».

Durant le confinement, le club a « mis [ses] trois salariés en chômage partiel » et obtenu la possibilité d’ « une ristourne sur des licences », confie-t-il. À ces coups de pouce économiques, doit s’ajouter le « plan massif de soutien et de relance dont un effort exceptionnel de soutien aux clubs de 35 millions d’euros », que la FFR indiquait dès la mi-mars avoir mis en place dans ce contexte d’avenir économique assez obscur pour les clubs.

Côté terrain en revanche, l’horizon d’une reprise d’activité se dégage. Thierry Lamandé fait ainsi savoir que son club, le seul des Yvelines à évoluer en Fédérale 2 (les autres formations du département évoluant dans des divisions inférieures, Ndlr), va reprendre le chemin de l’entraînement à partir de ce mardi 2 juin, dans des conditions sanitaires restrictives. « Les seniors vont reprendre mardi et mercredi en faisant des groupes de dix (neuf joueurs plus l’éducateur, Ndlr), dans des couloirs séparés, sur des largeurs de terrain, détaille le dirigeant. Les groupes vont venir travailler une demi-heure, avec battements de 20 minutes entre chaque groupe, et ça deux soirs de suite, avec respect de la distance, désinfection des plots, mais pas de ballon. »

Il évoque aussi la possibilité d’étendre ces entraînements aux cadets, juniors, U14 et U12, après avoir sondé les éducateurs des catégories concernées, et espère « que l’on puisse rapidement retoucher les ballons, même en les désinfectant ». D’autres clubs retrouvent ou ont déjà retrouvé progressivement les terrains d’entraînement.

La FFR a par ailleurs dévoilé dès le 15 mai la compositions des poules des championnats fédéraux. Des championnats dont le début est fixé au week-end des 12 et 13 septembre, la fédération précisant toutefois que ce scénario est « volontairement optimiste » et que le calendrier « reste conditionné par l’évolution de la situation sanitaire sur l’ensemble du territoire ». Plaisir retrouvera la moitié des équipes qu’il a affrontées en 2019-2020, et six nouveaux adversaires : Antony, Orsay, La Baule, Surgères, Domont et Poitiers, qui « remplacent » Marcq-en-Barœul, Beauvais (promus en Fédérale 1), ainsi que Sarcelles, Orléans, Saint-Denis et le Puc, lesquels sont répartis sur d’autres poules de Fédérale 2.

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