Avec déjà quelques 420 kilomètres de pistes et d’itinéraires cyclables, l’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines ne relâche pas ses efforts de maillage de son territoire. Au contraire, dans la perspective des Jeux olympiques et paralympiques (JOP) de 2024, l’Établissement public de coopération intercommunale (EPCI) et ses partenaires (l’État, la Région, et le Département) intensifient le rythme. Avenue de l’Europe (Guyancourt), avenue du général Leclerc, avenue Nicolas About (Montigny-le-Bretonneux), Route départementale 912 (Trappes), etc., les chantiers sont nombreux sur tout le territoire saint-quentinois.

37 millions d’euros

« Fin 2021, nous avons voté le schéma directeur cyclable à l’unanimité : un principe, un budget et une ambition et un schéma, rappelle Jean-Baptiste Hamonic (MoDem), le vice-président de Saint-Quentin-en-Yvelines délégué aux transports et aux mobilités durables. C’est 37 millions d’euros d’investissement sur 10 ans. Ce n’est pas rien dans ce contexte où l’on doit se serrer la ceinture. Nous voulons atteindre les 600 km d’itinéraires à terme. Nous sommes à peu près à 420 aujourd’hui. En part modale nous passerions de 3/3,5 % à 6,5/8 % à terme. »

Le RER vélo de la Région (Vif)

Dans l’agglomération saint-quentinoise, il existe trois types de réseaux : le réseau structurant (103 km) où l’on retrouve le RER vélo, maintenant le Vif (Vélo Île-de-France) avec la Vif 8 (de Plaisir à Magny-les-Hameaux), et la Vif 3 (de Coignières à Guyancourt) qui traverse l’agglomération. De son côté, Saint-Quentin-en-Yvelines déploie sept lignes. Vient ensuite le réseau secondaire qui assure le maillage intercommunal en irriguant le territoire (92 km) et enfin le réseau complémentaire (51 km) qui globalement comprend des liaisons vers l’île de loisirs, les espaces verts, etc. « Nous sommes plutôt sur du loisirs balades qui permet d’assurer un certain nombre de continuités », souligne l’élu.

Alors concrètement, les liaisons opérationnelles représentent 12 km déjà notamment sur la RD30 et au niveau du pont Schuler aussi. Un certain nombre de liaisons a été livré entre 2022 et 2024 à hauteur de plus de 44 km d’itinéraires cyclables (voie verte sur l’île de loisirs, les pistes et aménagements sur la RD 36, sur la RD 195, etc.). Et des liaisons sont actuellement en travaux pour 11 km sur l’avenue de l’Europe qui est importante et l’avenue Nicolas About et la RD 912. Au pied de la colline d’Élancourt, les travaux avancent rapidement et les premiers tronçons de piste cyclable, réalisés par Saint-Quentin-en-Yvelines et le département des Yvelines, voient actuellement le jour. L’itinéraire va se prolonger ensuite jusqu’à l’Île de loisirs. Des connexions sont ensuite prévues en direction du Village et de la Clef de Saint-Pierre, à Élancourt, sur un maillage secondaire.

Les chantiers sont nombreux sur tout le territoire saint-quentinois, comme ici avenue du général Leclerc, à Montigny-le-Bretonneux.

« Nous avons rappelé dès le départ qu’il y aurait deux phases, précise le vice-président. Une phase des JOP avec priorité donnée aux liaisons vers les sites olympiques et paralympiques et la 2e phase serait un rattrapage territorial sur le reste de SQY pour les communes les moins équipées et pour des liaisons secondaires structurantes qui n’auront pas encore été mises en œuvre. À l’horizon 2024, sur le réseau structurant, quatre sont mises en œuvre et les 3 dernières à l’horizon 2031. » Jean-Baptiste Hamonic assure que « tout cela nous permet aujourd’hui d’être à l’heure des JOP et il faut rappeler que les JOP sont une chance et un accélérateur des projets de création de pistes. Sans les JOP, nous n’aurions pas été en capacité d’être au rendez-vous de cette phase 1, phase primordiale parce que nous avions cette échéance des JOP ».

Tout cela a forcément un coût et tous les élus de l’Agglomération soutiennent unanimement l’investissement consenti et accéléré. « En montant financier, avant 2024, 6 millions d’euros réalisés en investissements, remarque l’élu aux transports. Pour les JOP, à la mi-2024, cela représente 13 millions d’euros, depuis 2021. Cela fait déjà un bon tiers du schéma directeur cyclable. En trois ans, nous sommes au rendez-vous de ce que nous avions annoncé. Il y a des projets d’ouvrages : la passerelle qui permettra de franchir la RN 10 depuis l’île de loisirs (4,6 millions d’euros, lire encadré) en 2025 pour avoir une continuité cyclable. Elle assure la continuité sur les deux lignes du Vif. Il faut bien avoir à l’esprit que pour réaliser ces travaux en un temps record avec le contextes économique et budgétaire, c’est important. L’alignement des planètes (tous les partenaires, Ndlr) bénéficient à tout le monde sur les investissements.»

Reste que des critiques persistent de la part des associations d’usagers, pourtant associées dès le départ à l’établissement du schéma directeur, sur les discontinuités et un manque d’ambition. « Sur les discontinuités, elles ont parfois raison, reconnaît Jean-Baptiste Hamonic, mais il faut rappeler que SQY, sur son schéma, travaille sur les voiries d’intérêt communautaire. Je sais bien qu’un cycliste se fiche de savoir qui est compétent mais vous êtes parfois sur une route nationale, une route départementale, une route intercommunale, une route communale… Nous travaillons à un alignement des planètes des travaux de tous les acteurs. Nous sommes en charge du schéma de SQY mais nous ne faisons pas le réseau cyclable de tout le monde. Le Département a annoncé des pertes liées au DMTO (Droits de mutation à titre onéreux) et va mettre entre parenthèse des investissements, et sûrement sur les pistes cyclables ».

Une passerelle vers l’Île de loisirs

Et de préciser : « Sur l’avenue de l’Europe par exemple à (Guyancourt, Ndlr), on nous dit qu’on prend des libertés sur les aménagements mais sur l’espace public nous ne voulons pas opposer les modes de déplacements mais faire en sorte que l’espace soit partagé au contraire. Forcément cela donne de la voie verte, du vélo rue ou du marquage au sol plutôt que du séparatif. Il y a aussi des enjeux liés à l’urbanisation : nous n’allons pas enlever les arbres pour mettre des pistes cyclables. »

Sans oublier de remercier les équipes qui œuvrent au quotidien pour que ce réseau continue de se développer, le vice-président aux transports et aux mobilités durables a également souligné qu’il existe également « une politique de services à SQY avec la Vélostation, l’Agence de la mobilité, et le marché avec TIER qui va déployer 650 vélos électriques en libre-service pour les JOP, etc. ». Saint-Quentin-en-Yvelines a d’ailleurs reçu le label territorial “Terre d’excellence cycliste” pour son engagement en matière de cyclisme (juin 2019). « Il reste des choses à corriger et elles le seront. Je mets au défi les impatients de trouver une agglomération qui met 37 millions d’euros sur la table pour les pistes cyclables ces temps-ci. Et je tire mon chapeau aux équipes qui font en sorte que nous soyons dans les temps », conclut Jean-Baptiste Hamonic.


Une passerelle pour relier l’Île de loisirs

Le maire DVD de Montigny-le-Bretonneux, Lorrain Merckaert, l’avait annoncé et rappelait voilà quelques mois que cela faisait « une dizaine d’années, qu’avec Michel Laugier, nous ambitionnions de créer une passerelle qui permette depuis la ville d’accéder à l’Île de loisirs, de manière totalement sécurisée pour les piétons et les vélos. Dans le cadre du RER vélo (Vif désormais, Ndlr) de la région Île-de-France, que je remercie vivement sur ce sujet avec l’appui de SQY, ce rêve va devenir réalité ». Les études sont en cours et les travaux de la passerelle vont pouvoir débuter en 2025. La première phase passe par la création de la piste avenue Leclerc. Elle sera le long de l’avenue des Prés, au niveau du petit tunnel qui passe sous la voie ferrée.


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