Les formations en Langue des signes française (LSF) reprennent à Élancourt. En partenariat avec la commune, l’institut de formation DVP Plum y propose depuis cinq ans des cours. Un nouveau cycle, destiné aux débutants, s’ouvrait samedi 15 septembre en mairie, en présence de cinq participants qui, pour des raisons professionnelles ou pour communiquer avec leurs proches, ont choisi cette formation.

Au fil des années, DVP Plum a évolué pour permettre aux initiés d’assimiler plus rapidement et plus efficacement les techniques de la LSF. « On a commencé avec un cursus classique de deux heures dispensé par un professeur sourd mais il y avait de l’absentéisme, explique Jean-Yves Plumasseau, gérant-associé de DVP Plum, qui anime les séances sur Elancourt. Nous avons donc rajouté des ateliers de trois heures avec un professeur entendant. Le succès de ceux-ci nous a incité à nous former aux Etats-Unis aux techniques d’apprentissages accélérées des langues, puis de l’adapter à l’enseignement de la LSF sous forme d’ateliers. »  

Différents niveaux de cours sont présents, du A1 (débutants) au B2. Chaque niveau est segmenté en quatre modules (A1 1, A1 2, A1 3, A1 4), un module équivalant à trente heures de cours. Les apprentis LSF suivront ainsi le premier module d’ici la mi-février. Pour passer au niveau supérieur, il faut réussir l’examen final. « On donne une attestation qui valide le niveau, mais ce n’est pas un diplôme d’État », fait néanmoins remarquer Jean-Yves Plumasseau. Seul le DCL (Diplôme de compétence en langue, qui existe pour plusieurs langues et est ouvert à la LSF) est reconnu dans ce domaine. Le gérant de DVP Plum assure que le taux d’échec à l’examen est très faible : « Depuis cinq ans, trois seulement n’ont pas eu la capacité de passer, dont deux qui étaient beaucoup absents. »

Au menu des séances, en A1, alphabet, chiffres, apprentissages de mots et conversations en langue des signes. « Chaque atelier a un thème : grammaire, communication, compréhension, précise Jean-Yves Plumasseau. Dès le premier cours, on apprend à compter jusqu’à 15, dès le deuxième cours, vous savez compter jusqu’à l’infini. » En A2, les choses se corsent un peu avec l’intervention de professeurs sourds. « En B1, les cours sont dispensés intégralement avec un professeur sourd », indique Jean-Yves Plumasseau.

Destiné aux débutants, le premier cours de cette nouvelle session, qui s’est donc tenu ce samedi a notamment donné l’occasion aux participants d’apprendre l’alphabet et les nombres. Leurs premières impressions semblaient globalement positives. « Ça a l’air efficace, confie France, enseignante élancourtoise qui s’est engagée dans cette formation car elle peut éventuellement occuper des postes avec des élèves sourds. On apprend beaucoup de choses en trois heures, l’alphabet, les nombres, des choses importantes sur la langue des signes, une trentaine de mots, … »

Même son de cloche chez Enzo, qui espère pouvoir communiquer plus facilement avec sa sœur, malentendante. « J’avais déjà pris des cours, mais il y a au moins huit ans, raconte le jeune homme. C’est bien, ça a permis de revoir les bases. A la fin, je pense que je pourrai avoir une conversation normale. » Pour s’inscrire il faudra néanmoins débourser 540 euros pour l’ensemble du cycle A1. Plus de renseignements sont disponibles en contactant [email protected]