Eurovia organisait, le 19 novembre, une visite de sa centrale de fabrication d’enrobés, à La Verrière. Cette deuxième visite, quelques mois après la précédente, « répond à une demande que l’on avait vis-à-vis des habitants », après des réflexions « sur le devenir du Bois de l’étang », dont est entre autres ressortie « la question d’Eurovia et des nuisances pointées par les habitants », indique-t-on du côté de la Ville de La Verrière, à l’origine de cette visite.

Seulement trois habitants du quartier du Bois de l’étang, avec la directrice de cabinet de la maire et deux représentants de l’entreprise de travaux publics, ont participé à cette deuxième visite. « C’est intéressant pour nous aussi, ça nous donne l’occasion de comprendre ce qui est le plus impactant [pour les habitants], avance Xavier Leygnac, chef de secteur à l’agence Eurovia de SQY, dont les bureaux sont situés à côté de la centrale. Ça a l’intérêt de nous aiguiller, nous, sur ce sur quoi il faudra apporter le plus d’efforts. »

À savoir les pollutions dont se plaignent ces habitants, qui vivent dans les immeubles juste en face. Pollutions notamment dues aux rejets de poussières. « Ces poussières sont liées au stockage de matériaux intermédiaires, nécessaires à la fabrication des enrobés, explique Xavier Leygnac. On a fait beaucoup de progrès, mais on peut entendre que ça ne donne pas des résultats parfaits. »

« On n’a pas de poussière, on a du sable », tient à rectifier Wahib, un habitant présent lors de la visite. « Sur nos vitres, complète Rahma, autre habitante. Il faut d’abord enlever le sable avant de nettoyer, sinon tout est rayé. »

Le représentant d’Eurovia souligne que la vitesse des engins de chantier « a été réduite significativement » pour qu’ils « circulent à moins grande vitesse et génèrent moins de poussière ». Il ajoute que l’entreprise a mis en place depuis deux ou trois ans « un système d’arrosage qui permet de plaquer la poussière au sol et de réduire au maximum les émissions de poussière ». Tout en reconnaissant qu’il n’y a « pas de système miracle ».

« On peut réduire [les poussières] au maximum de nos possibilités et de ce que l’on sait techniquement faire, affirme-t-il. C’est ce à quoi on s’attache au quotidien, mais, techniquement, on ne peut pas faire grand-chose de plus. » Wahib semble résigné : « C’est clair qu’on ne pourra pas l’enlever. Ça rentre dans les maisons, mes deux enfants sont asthmatiques à cause de ça. Il y a des améliorations [sur la réduction de la poussière], mais ce n’est pas suffisant.»

Autre désagrément relevé par le Verriérois : les odeurs émanant de la centrale. « Je l’ai dans la cuisine », lance-t-il. « Ce sont des odeurs d’enrobés, fait savoir Xavier Leygnac. Elles peuvent être fortes et désagréables. Mais il n’y a pas de dangerosité. Nos ouvriers travaillent sur le site toute la journée. S’il y avait un quelconque impact sur leur santé, ce serait un problème de santé publique majeur. »

Quant aux émanations de vapeurs que mentionne l’habitant, Xavier Leygnac répond que « c’est de la vapeur d’eau » et que « la préfecture nous surveille de façon périodique, des organismes agréés peuvent contrôler la teneur en MES (Matières en suspension, Ndlr), il y a un contrôle au minimum annuel ».

La problématique du bruit généré par les hauts-parleurs sur le site a aussi été évoquée. « De nuit, on a fait en sorte qu’il n’y ait plus du tout de bruit hauts-parleurs, poursuit Xavier Leygnac, évoquant aussi la mise en place d’un panneau lumineux donnant les indications aux chauffeurs pour éviter l’usage des hauts-parleurs. En journée, les seuls cas où on peut être amené à faire appel aux hauts-parleurs, c’est lorsque la luminosité empêche la visibilité du panneau.Vous avez dû, pour ceux qui sont là depuis plus de quatre ans, voir une vraie différence en termes de nuisances sonores.»

« Avant, ça parlait toute la nuit », confirme Rahma. « Je suis d’accord avec vous à 30 % », tempère Wahib : « L’été dernier, il y avait la canicule, et je peux vous dire que les hauts-parleurs, on les a entendus, de nuit. Mais il est vrai que ça s’est amélioré. » Face à ces différentes problématiques, la maire « va écrire au président de SQY pour voir s’il y a une possibilité » de délocaliser l’activité sur un autre site, nous informe l’entourage du maire.